- Cabane - Par Elise

dimanche 1er avril 2012
par  RDEVolution
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C’est la nuit. Je pousse la porte de la cabane violette. Voilà deux semaines qu’elle accueille mes nuits. C’est une ancienne roulotte qui est arrivée sur le lieu où je vis depuis bien longtemps. Nous l’avons rénové et nous lui avons rajouté une extension : une grande bulle faite en branches de châtaigner, isolation carton, couverture et recouverte d’une bâche.

Chaque cabane a son histoire, construite en fonction du lieu où elle est implantée, en fonction des personnes motrices qui l’ont construite. Au Village Arc en Ciel on dénombre 17 cabanes dont nous sommes gardiens. Une cabane demande de l’attention. Elles sont en couleur, chacune d’elle est une œuvre : tipi, yourte auto construite, cabane à demi-creusé dans la roche, ronde, en forme d’oiseau, en branche de châtaigner, en bambous, parfois cousue ou thermo-collée, clouée, agrafée...souvent en matériaux récupéré. Nous avons composé avec ce que nous avions.

J’aime habiter ces cabanes. Elles sont l’expression d’une vie plus simple. C’est pas le retour à la bougie mais un art de vie au contact de la nature au fil des saisons, avec les éléments. Pour nous chauffer,cuisiner : balade en forêt pour ramasser du bois. La nature est tout autour de nous et présente au quotidien. Le matin le soleil me caresse le visage plus ou moins tôt selon la cabane où j’habite. On a cherché pour chacune d’elles des poêles les plus proche de leurs couleurs. On a été dans les détails, plantant des fleurs et des arbres fruitiers correspondants aux couleurs. On a mis en place des systèmes pour récupérer l’eau de pluie,

A certain moment une cabanes va m’appeler plus qu’une autre : La jaune solaire, la bleu venteuse ou la rose petite bulle toute ronde. J’aime en participant à leur réalisation ressentir que je suis capable de créer. J’aime aussi l’idée qu’elles n’appartiennent à personne mais à tous. Elles permettent d’expérimenter un jeu nouveau où il n’y a pas de propriété privée, pas de cadenas, pas de clé. J’aime le partage de savoir qu’elle nous permettent : comment construire une yourte, comment fendre du bambou, comment tresser des branches de châtaigniers et de chênes, comment cuire grâce au soleil. ...Toute sorte de chose appris sur le tas ou par des échanges entre auto-constructeur.

Là, nous en sommes à poursuivre notre marche vers l’autonomie , le nucléaire fait place au solaire, le jardin collectif est lancé. La cabane n’est pas seulement une habitation mais elle touche à plein de questions existentielles à nos vie : d’où vient notre eau, où va notre eau, d’où vient notre électricité, qu’est ce que je consomme exactement, où avons nous envie de mettre notre énergie, qu’est ce que je mange, qu’est ce que j’achète....

Un art de vie

Elise