L’origine de la Marche

lundi 9 juillet 2007
par  RDEVolution
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Tout commence peut-être en 2001, date où j’ai fais le choix de ne pas rentrer dans la vie « active » pour privilégier la tournée d’un message sur la paix : « le Noir et Blanc ».

Tout commence peut-être bien avant cette époque où j’ai préservé comme un trésor ma sensibilité face à un système qui veut juste que tu la ferme dans le rang et que tu te batte pour être le premier.

Tout commence peut-être avec le spectacle vivant et son lot de rencontres, de voyages avec notre association artistique d’électrons libres R(d’)évolution.

Peut-être cela commence vraiment maintenant.

Il est complexe de trouver l’origine de la Marche du Vivant, j’ai l’impression que cela fait un moment que je marche dans ce sens et que je croise de nombreuses personnes sur ce chemin.

Ce qui est sûr c’est que la Marche du Vivant est un rêve collectif. Nous sommes nombreux à savoir au fond de nous que la vie n’est pas ce monde, que si chaque individu se déresponsabilise nous allons dans le mur. Les pandas, les tigres, les neiges du Kilimandjaro seront une légende pour nos enfants comme les dragons, les licornes ou les mystérieuses cités d’or le sont pour nous.

Avec le dernier voyage aux USA, Mexique, Guatemala en allant à la rencontre des anciens sages indiens, mayas, aztèques, nous avons récolté des indices à la question que nous leur avons posé : Comment percevez-vous la situation actuelle de l’humanité et quel est votre message pour sauver la Terre ?

De retour de ce spectacle permanent (notre performance favorite) de quatre mois, avec cette conscience de l’urgence planétaire dans une France endormie naissait en moi un dilemme. Il me fallait concilier ma rage de voir l’homme riche occidental se complaire dans une souffrance menant au chaos où la jeunesse est déconnectée de ses racines et les anciens de leurs ailes, avec ma foi en un meilleur futur possible.

Alors comme là j’étais très petit j’ai rêvé le plus grand que je pouvais. Ce rêve vous le connaissez, il s’appelle la Marche du Vivant.

J’ai commencé à lancer une rumeur partout en France. Lorsqu’elle est revenue à mes oreilles j’ai pris confiance en cette grande folie.
De plus la première personne à avoir répondu est un ancien marcheur à l’origine d’une vingtaine de marches pour le vivant en Europe, en une rencontre nous avons gagné beaucoup d’années d’expériences.

De là une petite équipe, un noyau doux, c’est mis en marche.
Après plusieurs ré-Union et une diffusion fulgurante de l’information, nous redevenons une grande famille avec ses anciens et ses enfants. Chaque jour des associations, des personnalités médiatiques, des troubadours, des tribus nous font connaître leur soutien et leur implication. Les véhicules de la Marche sont de plus en plus remplacé par des chevaux, des roulottes, des constructions de l’imaginaire. Les cercles de discussions de la Marche deviennent des instants de guérison collective où le temps c’est de l’argent évolue en temps c’est de l’art, le plus grand des arts : l’art de vivre. La méridienne verte, la colonne vertébrale de la France, va se transformer en Belle verte

Bien sûr tout n’est pas sans montagnes à franchir : réapprendre à parler ensemble, trouver une parole commune, répartir le travail, bousculer l’inertie de groupe. C’est une véritable aventure humaine qui me fait vibrer du lever au coucher et quand je m’en rappel même dans mes rêves.

La mission fondamentale de la Marche est l’union, autour d’un message qui est le vivant.

Vivant… ?... Alors bien sûr on se tente à quelques formulations, là les peurs (c’est impossible, c’est trop politique, trop spirituel, pas assez politique, pas assez spirituel) ressortent et nous amène à plus d’universalité dans notre démarche. C’est l’ombre qui participe à la lumière.

L’emblème de cette Marche est l’Arc-en-ciel car il représente l’harmonie de l’égalité dans la diversité. C’est également une touche artistique de la nature qui plaît à tout le monde mais que personne ne peut attraper.
Notre outil principal est le spectacle. Le but est de montrer autre chose, une autre réalité que la souffrance, l’égoïsme, la solitude, le désespoir, la peur, ces valeurs qui sont les bases de notre société. Pour créer une autre vision on doit agir ensemble, en se respectant, en développant notre écoute et sa parole si elle est au service de bien-être ensemble. Alors nous transformerons la donne et si nous allons vraiment au bout en transformant les sons, les odeurs, les couleurs, en seulement un passage nous sèmerons des graines parfois invisible pour les yeux. Les graines d’un espoir de fonctionner ensemble différemment sur d’autres bases : l’art, la tranquillité, l’équilibre entre l’individu et le groupe, car nous sommes beau quand nous sommes vraiment nous et le groupe doit être une synergie de cette beauté. Le fatalisme actuel laissera alors sa place à un espace du possible.

Pour exprimer tout cela la clef est la simplicité et les paroles qui me semblent les plus sage pour représenter la Marche du Vivant sont celles de cet indien que nous avons rencontré, Léon Secatero, chef Navajo, représentant des indiens d’Amérique du nord pour l’élaboration des résolutions des indigènes d’Amérique pour les 500 prochaines années, son message qui sera diffusé sur la Marche est :

« Nous sommes à une époque très importante et notre génération a détruit une partie de l’environnement en état d’évolution depuis des millions et des millions d’années dans cet univers. Les animaux, les plantes aussi existent depuis toutes ces années.
Nous, les humains sommes censés s’occuper de la Terre Mère mais au lieu de le faire nous la détruisons sans même nous en rendre compte. Nous passons sans cesse d’une idée à l’autre, savoir où cela nous mènera ? Je n’en ai aucune idée.
Mais dans le monde indigène la pensée est très importante car elle se rapporte tout d’abord au sens de l’identité, c’est-à-dire à ce que nous sommes, notre culture, notre langue, nos actions.
Il y a aussi le sens d’appartenance qui est très important car nous devons tous savoir d’où nous venons, où nous allons et ce que nous devons accomplir dans cette dimension.
Doit-on être des destructeurs ? Ou au contraire doit-on se laisser porter par la Terre Mère et tout ce qu’elle nous réserve ?
La troisième forme de pensée est le sens des responsabilités qui est tout aussi capital. Nous sommes dans cette dimension physique et nous avons des devoirs envers la Terre Mère et la génération à venir, et la suivante, et la suivante …
Dans nos traditions, nous pensons aux sept générations à venir et à ce qui les attends. Sommes nous prêt à leur léguer toutes ces belles choses dont nous avons tant profité ? Ou au contraire sommes-nous en train de leur faire un cadeau empoisonné, dont-ils devront répondrent ?
C’est une grande question qu’il faut se poser car beaucoup d’entre-nous sommes trop gourmands et égoïstes, nous ne pensons qu’à notre temps et non au futur.
Si nous remplissons nos responsabilités, nous transmettrons à nos propres enfants l’espoir d’un monde meilleur et ce dans tous les pays du monde. En fin il y a le concept de paix que chacun, de nous recherche, dans le monde entier. C’est essentiel pour continuer à jouir des belles choses de la vie. Il faut pour ceci bien s’occuper de nous même, de notre famille, de notre communauté, notre nation, notre pays.
Ce monde serait merveilleux si tout ce passait ainsi.
Ce n’est pas si difficile, il faut juste que nous apprenions à être conscient. Ceci est la façon de penser des Indiens d’Amérique. Tout est éternel, mais nos pouvoirs sont sacrés, il faut juste les exercer en conscience, à travers nos prières, nos chansons, nos cérémonies. Ceci est d’autant plus important qu’il ne nous reste pas beaucoup de temps, quand on voit les catastrophes naturelles, le changement climatique. La Terre est le berceau de l’humanité mais cela ne se passe plus ainsi. Les forces de la nature se réveillent et détruisent tout d’une façon jamais observée auparavant. C’est pour cela que l’on demande à tous les pays et tous les peuples de s’unir et de travailler ensemble pour préparer notre avenir et toutes les merveilles qui s’y cachent.
Ensemble nous pouvons rendre ce monde meilleur, profiter des moments magnifiques à venir et léguer à nos enfants toutes ces beautés que nous aurons vécues et que nous aurons préservé pour eux. Merci. »

Si vous êtes interpellés, prenez ne serai-ce qu’une journée pour venir sentir l’énergie de cette aventure et ainsi vous faire votre avis.

Uto